dimanche 13 mai 2012

Visite nocturne















13 mai 2012. Le musée des Augustins accueille le quatrième volet d'une série de créations de Robyn Orlin (photo) conçues avec des gardiens de musée. Ces derniers attrapent les spectateurs devant l'entrée de l'édifice pour "Babysitting Petit Hercule", une visite nocturne improbable perturbée par les treize danseurs de la formation professionnelle du Centre de développement chorégraphique. Éclairant eux-mêmes le parcours et non avares de commentaires lapidaires, les gardiens guident les visiteurs au cœur du musée plongé dans le noir. Dès l'arrivée dans le cloître du musée toulousain, une exhibitionniste dévoile toute son intimité en hurlant. Un spectre en slip blanc surgit d'un bosquet avant de s'évaporer dans la nuit. Sur le chemin du salon rouge, un travelo égaré divague dans le grand escalier. Une Schtroumphette en transe s'extasie dans le salon bleu. Plus loin, un Apollon nu se fait fouetter par une Catwoman lubrique. Dans l'église, l'orgue s'ébranle au rythme d'une toccata déclenchant le ballet des moines possédés par une fièvre démoniaque. Malgré mes multiples incursions, je n'avais jamais vu ce musée tel que le met en scène la chorégraphe sud-africaine au fil d'une exploration fidèle à son univers excentrique. Je ressens à chaque instant son attachement au lieu qui, loin d'être considéré comme une suite de décors, devient un partenaire à part entière. Je ne cesse d'être ébloui par l'intelligence de sa démarche et par son sens prodigieux du spectacle. Comme un couturier dessine un costume sur mesure, elle tire le meilleur de chaque interprète. Elle circule du spectacle vivant à la vidéo, de la performance à la musique, de la danse au chant avec une fluidité remarquable. C'est une création miraculeuse !

R. Orlin © CDC Toulouse – Midi-Pyrénées

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