jeudi 3 novembre 2011

Méditerranée (1)

















3 novembre 2011. À la Halle aux Grains, l'Orchestre national du Capitole est dirigé par le chef espagnol Josep Pons. Patricia Petibon interprète une poignée de mélodies tirées de son dernier enregistrement discographique, "Melancolia"(1). La chevelure rousse de la soprano est retenue par un bandeau rouge vif, assorti à sa volumineuse robe. Composées dans le premier quart du XXe siècle, des chansons espagnoles de Enrique Granados et de Joaquín Turina débutent le programme. Elles associent le sentiment amoureux à des tonalités mélancoliques ou mélodramatiques. Écrit par Manuel de Falla en 1905, l'opéra "la Vida breve" est le récit de l'amour d'une jeune gitane pour un garçon qui se détourne d'elle. Je suis ému par l'expressivité de la chanteuse dans l'extrait «Vivan los que rien», chant populaire andalou du désespoir. L'orchestre poursuit avec "l'Interlude symphonique" reliant les deux actes de l'ouvrage, puis avec une "Danse" du deuxième acte. C'est enfin la création française par Patricia Petibon des quatre "Melodias de la melancolia" de Nicolas Bacri, sur des textes d'Alvaro Escobar Molina. Puissante et percutante, son interprétation me perce le cœur. Avec deux rappels ("Berceuse pour endormir un enfant noir" de Xavier Montsalvatge, "La tarántula é un bicho mú malo" de Jerónimo Giménez), elle trouve l'occasion de s'adonner à son penchant naturel pour une forme de pantomime jusque-là contenue, et qui ravit le public quand elle s'allonge sur la scène pour trouver le sommeil ou quand elle s'agite dans tous les sens. La seconde partie du concert est dédié à la musique de Maurice Ravel : L'"Alborada del gracioso" (Aubade du bouffon) me réjouit, la "Rapsodie espagnole" me séduit et le "Boléro" irrésistible me conquiert dans la direction précise de Josep Pons.

 (1) Deutsche Grammophon

P. Petibon & J. Pons. © Patrice Nin

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