vendredi 30 mai 2014

Les classiques (3)












30 mai 2014. J’ai déjà apprécié cette année, au cours de la saison des Grands Interpètes, la performance de Giovanni Antonini (photo) à la Halle aux Grains, avec son ensemble baroque Il Giardino Armonico, lors d’un sensationnel programme de musiques de la Renaissance. Spécialiste de la période baroque, il dirige désormais régulièrement le répertoire classique et a entrepris l’enregistrement des symphonies de Beethoven avec l’Orchestre de chambre de Basle. J’ai hâte de le retrouver à la tête de l'Orchestre national du Capitole du Toulouse après trois concerts enthousiasmants ces dernières années à la Halle aux Grains. La période classique est de nouveau au programme, avec la Symphonie n° 49 de Joseph Haydn. Composée en 1768 et surnomée "la Passione", elle appartient aux années «Sturm und Drang» (orage et passion) de Haydn. Surtout littéraire, ce mouvement inspira notamment à Goethe son "Werther". Construite en quatre mouvements, à la manière d’une sonate d’église alternant mouvements lents et vifs, "la Passione" est l’une des symphonies les plus sombres du compositeur. Giovanni Antonini fait d’abord preuve d’une profonde retenue, négociant avec brio les curieuses singularités successives d’une œuvre imprévisible. De réminiscences baroques en précipitations modernistes, le deuxième mouvement est dompté par le chef jusqu’à l’inquiétant dénouement faussement apaisé. Giovanni Antonini se déchaîne dans le finale épileptique qu’il conduit avec la souplesse et l’énergie diabolique qui le caractérisent. Pour l’interprètation du Deuxième concerto de Ludwig van Beethoven, l’orchestre est rejoint par Dejan Lazic, jeune pianiste d’origine croate. Composé en 1795, c’est à la fois le premier concerto des cinq écrits pour le piano par Beethoven et sa première œuvre symphonique. Nourrie de l’héritage de Haydn et Mozart, cette page de jeunesse manifeste l’émancipation du soliste. Dejan Lazic en est l’interprète raffiné et virtuose. L’élégance de son jeu est un tel ravissement que le public en réclame davantage : il revient donc sur scène pour offrir quelques notes de Scarlatti et de Haydn. Qualifiée par Richard Wagner d’«Apothéose de la danse», la Septième symphonie de Ludwig van Beethoven achève cette soirée. Partition très rythmique créée en 1813, elle ne fait guère l’économie de boucles répétitives souvent rébarbatives à entendre. Je me souviens m’être longuement ennuyé lorsque Tugan Sokhiev la dirigea à deux reprises ici même, avec le Mahler chamber Orchestra puis avec l’Orchestre du Capitole. Mais la direction de Giovanni Antonini est si expressive et engagée, aussi nuancée que déterminée, qu’elle est vivement acclamée par le public et saluée par l’orchestre.

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