jeudi 23 janvier 2014

Le paradis, c’est ici…

















23 janvier 2014. L'Orchestre national du Capitole de Toulouse et le chœur de chambre Les Éléments, renforcé par l’ensemble Archipels (atelier vocal des Éléments), sont dirigés à la Halle aux Grains par Josep Pons (photo). La soprano bavaroise Christiane Karg se joint à eux pour l’interprétation du "Stabat Mater" de Francis Poulenc, écrit en 1950. Le chef espagnol en maîtrise la complexité dramatique, veillant au parfait équilibre des pupitres : jamais la présence affirmée des cuivres ne recouvre les voix, les bois ou les cordes. Il restitue cette œuvre avec une puissance aérienne dénuée d’élans pompeux. Je me souviens que l’orchestre et Les Éléments avaient donné le fameux Requiem de Gabriel Fauré dans une version pour un effectif moyen, sous la direction de Joël Suhubiette, au cours d’une édition du festival Toulouse d’été. Disparu il y a un an déjà, Laurent Pellerin tenait alors la place de premier violon dans la nef romane de la cathédrale Saint-Étienne. Avec un effectif choral et orchestral au complet pour les besoins de la version réorchestrée en 1900, l’exécution de ce Requiem libérateur déploie un irrésistible torrent d’émotions. Préparé par Joël Suhubiette, le chœur invite à un recueillement dont l’évidence s’impose sereinement. Le baryton Stéphane Degout et la soprano Christiane Karg assurent les parties solistes avec une élégante présence. Tel que je l’entends ce soir, simplement beau, profondément généreux, ce Requiem apaisé me tire de douces larmes. Si le paradis existe, les spectateurs de la Halle aux Grains l’ont un peu goûté ici.

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