samedi 11 janvier 2014

La sensualité

















11 janvier 2014. À la Halle aux Grains, l'Orchestre national du Capitole de Toulouse est dirigé par Tugan Sokhiev, son directeur musical, pour un programme dense qui débute par trois extraits de la première suite de "Peer Gynt" d'Edvard Grieg: "Au matin", "Dans le hall du roi de la montagne", "Danse d’Anitra". Le chef russe obtient toujours de sa phalange des images aux couleurs caressantes et cette partition est remarquablement servie par la précision poétique de leur interprétation. Puis, Khatia Buniatishvili entre sur scène vêtue d’une belle robe rouge aux paillettes étincelantes. La jeune pianiste géorgienne se lance dans le concerto - créé en 1869 - du compositeur norvégien avec une sensualité débordante et des élans théâtraux dignes d’un ouragan. Je la découvre aussi à l’aise dans l’intériorité mélodieuse du mouvement lent que dans le déchaînement expressif et chorégraphique du dernier mouvement. Elle déchaîne des applaudissements si nourris qu’elle doit accorder deux rappels: une pièce lyrique gracieuse de Grieg, puis une page frénétique signée Prokofiev. Tugan Sokhiev dirige ensuite la Septième symphonie d'Anton Bruckner avec une telle précision et un tel éclat que la musique transpire une beauté limpide. Écrite en 1881, à la mort de Richard Wagner, la symphonie rend hommage au compositeur dans un célèbre adagio crépusculaire joué avec une intensité soutenue. Dans le final tonitruant, le chef lâche les cuivres et récolte un triomphe !

K. Buniatishvili © Nicolas Brodard

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire