jeudi 26 avril 2012

Duos




















24 avril 2012. Au rythme d'une play-list soigneusement élaborée alternant lieder ou gospel, le chorégraphe allemand Raimund Hoghe partage la scène du Théâtre Garonne avec Faustin Linyekula (photo) pour un dialogue entre deux corps et deux cultures. "Sans-titre" confronte l'anatomie noire, jeune et harmonieuse du danseur congolais avec celle plus âgée et accidentée du chorégraphe. Torse nu et couché sur le sol, le premier dépose lui-même quelques cailloux le long de sa colonne vertébrale, avant de reproduire le même geste sur le dos nu et bossu du second. Le duo enfonce le clou du minimalisme radical cher au chorégraphe dont l'exigence méthodique me fascine. Linyekula s'exprime dans une transe désarticulée de soubresauts. L'homme de lettre qu'est Hoghe retire méticuleusement les pages blanches placées par ses soins au début du spectacle pour délimiter l'espace scénique. L'obscurité tombe sur le scintillement d'une bougie posée en fond de scène.

26 avril 2012. Avec Takashi Ueno, Raimund Hoghe présente "Pas de deux" au Théâtre Garonne. Comme à son habitude, le chorégraphe allemand a sélectionné une liste de chansons et d'extraits musicaux pour une exploration du thème du «pas pour deux». Je suis séduit par la grâce naturelle du danseur japonais, par sa beauté paisible alliée à une technique vigoureuse. Hoghe me fait irrésistiblement rire sous les traits d'Audrey Hepburn dans "Diamants sur canapé", avec lunettes noires, et couvre-chef. Parfois, des détonations sourdes ponctuent le déroulé du fil musical, jusqu'à la brutale explosion laissant la scène dans un noir oppressant.

"Sans-titre" © Rosa Frank

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